Le grand théatre place de la Comédie

Inauguré le 7 avril 1780 par une représentation d’«Athalie», le Grand Théâtre, la plus belle des réalisations de l’architecte Louis, s’élève à l’emplacement des Piliers de Tutelle gallo-romains, forum de la cité du VIe siècle. Douze colonnes corinthiennes supportent l’entablement du péristyle conçu avec audace car maintenu par un tirant métallique placé à l’intérieur et compensant la poussée, énorme, de la voûte plate. cette invention est restée célèbre sous le nom de «clou de M. Louis». Au-dessus, douze statues de Berruer et Van Den Drix représentant les neuf muses, Junon, Vénus et Minerve.

Vous accédez au premier étage par un escalier à trois volées d’une grande noblesse et que Gamier copiera pour son Opéra, de Paris. Il conduit, d’une part à la salle de spectacles traitée en fer à cheval, petit chef d’oeuvre d’harmonie et d’élégance d’autre part aux loggias des côtés, où se trouvent les foyers. Sous les galeries des bas-côtés, vous verrez longtemps des boutiques ainsi qu’un café avec terrasse de sol naturel ; de plain pied avec la galerie voûtée du nord.
Le théâtre semblait, alors, enfoui, dominé par les immeubles voisins, quand, en 1846, l’ingénieur Thiac fils décide, puisqu’il est impossible d’alever le monument, d’abaisser le niveau du sol environnant afin de mettre en valeur la majesté de l’édifice.

On commence par creuser sur la place de la Comédie ce qui permet d’installer un perron et d’éviter les chocs fâcheux des carrosses et voitures qui, jusque là, heurtaient le bas des colonnes qu’il avait fallu protéger par des cercles de bois et de fer. Depuis 1780, le Grand-Théâtre a fait l’objet de nombreuses transformations plus ou moins heureuses tant sur la scène pour s’adapter aux innovations techniques, que dans la salle afin de sacrifier aux changements de goût. L’oeuvre du temps ne manquait pas, au fil des années, de se faire sentir. D’où la nécessité d’une restauration qui, pour bien faire, devait se situer entre le retour aux dispositions originelles et la reconduction de l’état dans lequel le monument se trouvait quand, en 1989, fut prise la décision d’engager une campagne de travaux qui coûtera près de 130 millions de francs. Elle allait porter sur le vestibule, le vestiaire, l’escalier monumental, la salle bien entendu et tout le dispositif scénique.

L’existence de nombreux documents d’époque, la miraculeuse découverte d’un échantillon du bleu voulu par l’architecte Louis ont permis de reconstituer le décor que celui-ci avait conçu. A la mode sous le Second Empire, la couleur rouge, qui dominait dès l’entrée en montant l’escalier accédant à la salle, a dû faire place au bleu originel magnifiquement rehaussé par l’or des ornements.

Patiemment recréé, le rideau de scène a pu se lever de nouveau le 24 janvier 1992 sur une scène où l’on a su allier technologies du passé et du présent, où cinq cents circuits électriques nécessitant quatre vingt kilomètres de câblage sont maintenant commandés par un pupitre électronique. Ainsi, se sont associés, pour remettre en valeur le chef-d’oeuvre de Louis, techniciens de pointe et artisans héritiers de méthodes ancestrales.

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