Egypte, berceau de l’humanité : le plateau de Gizeh

Publié le : 10 juillet 20196 mins de lecture

Avant de passer à la description de l’imposant et célèbre ensemble funéraire de Gizeh, voici le récit qu’en fit Hérodote, ce «journaliste» grec qui puisait ses informations auprès des étrangers vivant en Egypte. Bien qu’Hérodote ait pas mal critiqué l’Egypte et les Egyptiens, il nous a légué une documentation étonnante et précieuse.

«Chéops, écrit-il, a laissé derrière lui une oeuvre colossale : sa pyramide. On disait que l’Egypte, jusqu’au règne de Rhampsinitos, était un pays très prospère et bien gouverné. Chéops, qui est postérieur à Rhampsinitos, ordonna à tous les Egyptiens de travailler pour lui. Les uns furent préposés à transporter jusqu’au Nil les pierres extraites des carrières des montagnes d’Arabie ; d’autres devaient les charger sur des bateaux pour leur faire traverser le fleuve et les traîner vers la montagne de Libye. Il y avait sans cesse sur le chantier une équipe de cent mille ouvriers que l’on relayait tous les trois mois.

«Ils mirent déjà dix ans pour construire la route sur laquelle ils transportèrent les pierres, et c’est un ouvrage qui n’a rien à envier aux Pyramides. Elle mesure 5 stades de long (923,50 mètres), 50 orgyies de large (18,47 mètres) et, à l’endroit où elle est le plus surélevée, 8 orgyies de haut (14,78 mètres). Elle est en pierres polies sur lesquelles sont gravées des figures d’animaux. «Il fallut donc dix ans pour achever cette chaussée et construire les chambres souterraines qui devaient servir de tombeau. Celles-ci furent faites sur le plateau où se dressent les Pyramides, sur une île créé en détournant dans un canal les eaux du Nil.

«La pyramide elle-même demanda vingt ans de travail. Elle est carrée. Chacune de ses faces mesure 8 plèthres (246,26 mètres) et elle a la même mesure en hauteur. Les pierres sont polies et jointes avec le plus grand soin; aucune d’elles ne mesure moins de 30 pieds (9,24 mètres) ».
Après cette introduction, Hérodote raconte l’histoire de la construction de la Grande Pyramide en fournissant des indications très précises, depuis les caractères stylistiques typiquement égyptiens, jusqu’aux dépenses engagées pour les travaux de cet étrange édifice. «Cette pyramide, poursuit-il, fut construite d’abord en forme de grand escalier, composé de ce que certains appellent des créneaux et d’autres des degrés. Après lui avoir donné cette première forme, on élevait le reste des pierres à l’aide de machines faites de courtes poutres. Quand la pierre avait été hissée sur le premier gradin, on la mettait sur une autre machine placée là, d’où elle était tirée jusqu’au second degré où on la posait sur une troisième machine, puisqu’il y avait autant de machines que de degrés.

Ou bien c’était la machine, aisée à transporter, que l’on déplaçait d’étage en étage après l’avoir délestée de la pierre. Nous indiquons les deux procédés, parce-que c’est ainsi qu’on nous l’a raconté. «De cette manière on achevait d’abord le sommet, puis on passait aux étages inférieurs et l’on finissait par le pied de la pyramide. Il y a sur cette pyramide des caractères égyptiens qui indiquent combien on a dépensé en raiforts, en oignons et en têtes d’ail pour les ouvriers et si je me souviens bien des paroles de l’interprète qui lisait cette inscription, la somme s’élevait à six mille talents d’argent, ce qui équivaut à 41.884 kilogrammes.

S’il en est vraiment ainsi, combien de talents d’argent ont-ils pu dépenser pour le fer avec lequel ils travaillaient, la nourriture et les vêtements des ouvriers? Car, en plus du travail nécessaire à la construction de ce temple, ils employèrent pas mal de temps, à ce que je crois savoir, à tailler et transporter les pierres et à construire le souterrain».
Quatre siècles après Hérodote, l’historien Diodore de Sicile (1er siècle av. J.-C.), visite l’Egypte et va voir les Pyramides qu’il classe parmi les sept merveilles du monde. Comme son prédécesseur, Diodore de Sicile s’émerveille face à ce monument.

«Il faut reconnaître, dit-il, que ces monuments dépassent de beaucoup tout ce que l’on peut voir en Egypte, non seulement par l’importance de leur masse et les sommes qui ont été dépensées, mais aussi par leur beauté».
Diodore de Sicile nous donne ensuite sa version sur la construction des Pyramides. Son récit parle lui aussi de trois pyramides qu’il présente comme l’ensemble funéraire de la IVè dynastie et dont la Grande Pyramide est certainement l’élément le plus important et le plus prestigieux, mais qui ne peut être étudié et compris en dehors de ce contexte. Tout comme Hérodote, Diodore de Sicile estime à six mille talents la somme dépensée en raiforts, oignons et têtes d’ail pour les

ouvriers de la Grande Pyramide; mais contrairement à lui, il ne pense pas que ces monuments soient les tombes des pharaons qui, à son avis, sont enterrés dans des endroits cachés et secrets. Nous ne citerons pas le texte de Diodore qui, plus ou moins, concorde avec celui d’Hérodote. Nous voulions seulement montrer que tous les grands écrivains de l’antiquité ont été également impressionnés par l’originalité et la beauté des monuments funéraires égyptiens.
Lorsqu’on arrive à Gizeh, le spectacle qui s’offre aux yeux du visiteur est l’un des plus beaux que la main de l’homme ait pu concevoir.

Le dicton égyptien qui dit «Tout le monde craint le temps, mais le temps craint les Pyramides», s’applique parfaitement à ce lieu. Gizeh est le nom moderne donné à la grande nécropole du Caire et s’étend sur un plateau de deux mille mètres carrés environ. Elle comprend le Sphinx et les trois Grandes Pyramides: celle de Chéops, celle de Chéphren et celle de Mykérinos. Cette dernière a, en plus, trois petites pyramides satellites.

Pour plus d'informations : Merveilles de l'Egypte

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