Le château fort de Qaïbay à Alexandrie

À cinq kilomètres de la mer, le château fort de Qaïtbay a été construit en 1479 par un des derniers sultans mamelouks le sultan mamelouk Qaitbay. il occupe la place de l’ancien phare. La construction du Phare répondait aussi à un besoin vital. La côte était dangereuse car, nous dit Strabon, “elle est remplie d’écueils, les uns affleurant au­dessus de l’eau, les autres invisibles”, et si l’on voulait développer le commerce maritime de la ville il fallait guider en sécurité les marins vers le goulet d’entrée du port : la côte basse n’offrait aucun amer, aucun repère aux navigateurs qui découvraient la terre alors qu’ils en étaient fort près, parfois trop tardivement.

Les dangers encourus par les navigateurs sont illustrés par la découverte récente d’épaves de bateaux grecs et romains au large du Phare et du port est. Les capitaines parvenaient au terme de leur voyage en vue de la tour et d’Alexandrie, dont les monuments se profilaient à l’horizon, mais il arrivait que des tempêtes particulièrement violentes dans cette région de mer ouverte, en été comme en hiver, fassent heurter leurs navires contre une des barres rocheuses qui s’étendent parallèlement à la côte. Certes, le Phare n’était pas le prototype du genre et les Grecs avaient depuis longtemps l’habitude de construire des tours avec des feux alimentés pendant la nuit, pour signaler aux capitaines les dangers des côtes.

Ainsi, au Pirée, a-t-on retrouvé les restes de plusieurs phares qui se dressaient à l’entrée des ports d’Athènes, dès le Ve siècle av. J.-C., au temps de Périclès. Dans l’île de Thasos, située au nord de la mer Egée, on a pu identifier un phare du VIe siècle av. J.-C., grâce à une inscription indiquant sans aucun doute qu’il s’agissait d’une tour surmontée d’un feu pour guider les marins. Un grand nombre de bateaux ont coulé alors que le Phare était en activité. Ces épaves datant du IVe siècle av. J.-C. jusqu’au VIIe siècle apr. J.-C. procurent aux archéologues une documentation de première main sur un millénaire de commerce alexandrin avec le reste de la Méditerranée.

Il est l’un des rares exemples d’architecture mamelouke du xve s., et le seul d’Alexandrie. Mohammed Ah le remania au xixe s. Il servait à défendre à la fois l’embouchure du fleuve et la ville. Il fut notamment appelé Fort-Jullien (ou Julien) par les Français, lors de la campagne d’Égypte de Bonaparte. Ce nom fut donné en hommage à l’aide de camp de Bonaparte, Thomas Prosper Jullien, tué à Alkam en 1798. Ce fort fut sous le commandement de son frère ainé, l’adjudant général Louis Joseph Victor Jullien, durant toute la campagne d’Égypte. C’est là que fut découverte en 1799 la pierre de Rosette par Bouchard, un lieutenant de l’armée française.Ce bloc de granit a été dégagé pendant les travaux de fortification menés afin de faire face à une éventuelle attaque britannique. En 1801, les Français capitulèrent après la bataille d’Abouqir, et la pierre de Rosette fut cédée aux Britanniques, qui l’exposèrent au British Museum de Londres où elle se trouve encore. Puis elle a été décodée en 1822 par le jeune Jean-François Champollion grâce à quelques estampes réalisées sur du papier fin. En 1807, les habitants de la ville ont fait face à l’expédition militaire britannique menée par Frizer et ont obligé le général britannique à signer un accord de retrait de l’Égypte.

Le temple de philae
Le temple de Ramses II à Abu Simbel