Voyages et vacances à l’écomusée de Marquèze : le laboureur

Etre laboureur dans la «société traditionnelle, c’est aussi être propriétaire d’une terre et d’une exploitation complète; statut que les actes administratits désignent par “propriétaire-laboureur”. C’est le maître des lieux. Beaucoup plus qu’un travailleur des champs, il est le paysan au sens plein du terme.A la différence du berger semi-nomade, le laboureur incarne le sédentaire par excellence. Personnage pivot et dominant des quartiers, il est l’acteur principal de l’ancienne économie agro-pastorale. Les labeurs l’anaire façonne le sol en sillons os billons. Classiquement construite à pans de bois, elle présente à l’est une façade avec mur-pignon et large auvent (estantade), signe de prospérité.

Un toit à trois pentes ouvre largement au soleil levant ; à l’ouest, une pente généreuse protège des intempéries venues de l’Océan. Cette maison, archétype de l’architecture traditionnelle, est dite “maison de maître”. Cela fait référence au statut social de ses habitants et désigne un modèle reproduit largement dans toute la région.
Le pin franc, ou pin parasol, aux abords immédiats, est là comme symbole de propriété. Accolé à la maison, un petit jardin fournit les légumes pour les soupes, les plantes médicinales et, pour l’agrément, les fleurs de saison.
A côté, la borde, construction couverte de chaume de seigle, abrite les outils aratoires et autres chars à boeufs (bros).

Ce type de bâtiment existait jadis en grand nombre dans les quartiers et dans la lande, où il servait de bergerie de parcours. Fixé à la terre par son travail, soumis au rythme des saisons, le laboureur est lié à un terroir dont il assure la continuité. Cette continuité s’exprime dans la notion de tine! (tinèou). Ce terme englobe la famille et son patrimoine. Il s’agit ici d’une famille étendue, réunissant jusqu’à vingt personnes sous un même toit : bien souvent un couple âgé, plusieurs fils ou filles mariés, leurs enfants et petits enfants et, si nécessaire, des domes tiques, hommes ou femmes. Mais le nombre de bouches à nourrir doit correspondre au nombre de bras pour travailler et aux capacités de l’exploitation.

Le chef de tine ! (lou méste) est l’homme le plus âgé ou son fils aîné. Il organise la maisonnée, répartit les travaux, gère l’exploitation. C’est lui qui représente la famille au-dehors. Dans cette société, l’héritage est égalitaire, sans distinction de sexe ni de rang d’aînesse, contrairement à la Gascogne méridionale et aux sociétés pyrénéennes. Il privilégie, autant que possible, l’indivision. Le travail des hommes et des Ijemmes.

Au sein du tinel, la répartition des tâches s’opère en fonction du sexe et de l’âge. Les hommes dans la force de l’âge effectuent le gros des travaux agricoles ; au chef de famille revient la fonction, valorisée entre toutes, de bouvier. La garde des animaux est confiée aux plus vieux et aux trop jeunes.
Aux jeunes femmes, filles ou brus, revient le travail des jardins (celui du champ, de lainaI ou du bord du ruisseau), qui fourniront les légumes de saison pour la soupe quotidienne. Elles se chargent aussi de la bassecour (dindons, poules et canards) et du cochon, qui donneront l’essentiel des viandes. Elles assurent également les travaux des champs qui exigent une main-d’oeuvre soignée sarclage, désherbage, et moisson.

C’est à la daune, correspondant féminin du méste, que reviennent les tâches domestiques, l’éducation des enfants et souvent les cordons de la bourse. Mais surtout, c’est la daune qui fabrique le pain nécessaire pour la maisonnée.
Au laboureur incombe bien entendu la culture des champs et avant tout d’une céréale qui rythme le calendrier agricole le seigle. Il est donc plus que quiconque soumis aux caprices du temps. Aussi profitera-ton de nombreuses fêtes pour se concilier les faveurs du ciel et l’indulgence de la nature : à Noël, à Pâques, lors des Rogations, à la Saint-Jean.

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